Et si, pour aménager une bande riveraine, on pouvait d’abord visiter une sorte de salle de montre à ciel ouvert?
C’est l’idée derrière le projet de bande riveraine pédagogique réalisé en collaboration par le Centre d’innovation agricole (CIAgricole), le Cégep de Sherbrooke, l’Université Bishop’s et le Centre de formation professionnelle de Coaticook (CRIFA) l’automne dernier, sur les terres de la ferme-école du CIAgricole, à Coaticook.
Véritable vitrine vivante, le site rassemble plusieurs modèles de bandes riveraines au même endroit afin d’aider les producteurs et intervenants agricoles à découvrir différentes possibilités avant d’entreprendre leur propre projet. Les citoyennes et citoyens souhaitant aménager une bande riveraine sur leur terrain peuvent également s’en inspirer grâce à une section urbaine spécialement conçue à cet effet.
Bien plus qu’une rangée d’arbres
Les bandes riveraines jouent un rôle important dans la santé des sols et des cours d’eau, tout en favorisant la biodiversité. Elles offrent des habitats à la faune, attirent les pollinisateurs et contribuent à la connectivité des milieux naturels. En plus d’agir comme des barrières naturelles contre l’érosion, elles filtrent les nutriments et les contaminants, améliorent la qualité de l’eau et renforcent la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques.
Mais aménager une bande riveraine peut soulever plusieurs questions. Quels végétaux choisir? Quel modèle de plantation privilégier? Dans les deux cas, les possibilités sont nombreuses.
Avant d’investir du temps et des ressources dans l’aménagement d’une bande riveraine, un projet appelé à faire partie du paysage pour de nombreuses années, pourquoi ne pas aller observer les différents modèles proposés par des experts du domaine?


De quoi s’inspirer et faire des choix éclairés
Située non loin de la rue Morgan, à Coaticook, la bande riveraine pédagogique s’étend sur 2,3 km et regroupe près de 800 arbres et arbustes répartis dans neuf zones, mettant en valeur différents écosystèmes et pratiques d’aménagement durables :
- Zone mixte
- Zone faunique
- Zone passive
- Zone agrosystémique
- Zone bande fleurie
- Zone fruitière
- Zone arbres à noix
- Zone arbrustive fleurie
- Zone urbaine
Des panneaux d’interprétation jalonnent le parcours afin de permettre aux visiteurs d’en apprendre davantage sur les caractéristiques et les avantages des différentes approches présentées.
Un projet au service de l’environnement et de l’éducation
En plus de servir de modèle pour les producteurs agricoles, cette bande riveraine sera utilisée à différentes étapes de sa croissance dans le cadre de l’enseignement offert au sein des programmes Gestion et technologies d’entreprise agricole (GTEA) et Bioécologie du Cégep de Sherbrooke, ainsi que du programme en Agriculture et systèmes alimentaires durables de l’Université Bishop’s. Les personnes étudiantes en horticulture au CRIFA pourront aussi profiter des installations.
Tel un laboratoire en pleine nature, la bande riveraine offrira ainsi aux personnes étudiantes de multiples occasions de mettre leurs apprentissages en pratique, notamment par des visites terrain, des relevés de faune et de flore, des inventaires d’invertébrés, des travaux de taille et d’entretien des arbres ainsi que par la cueillette de fruits.


Une initiative ayant germé il y a deux ans
Le concept de vitrine vivante a été imaginé conjointement par la direction du CIAgricole et l’agronome et enseignante au programme GTEA du Cégep de Sherbrooke, Hélène Beaumont, en octobre 2024.
« On voulait offrir une vitrine aux personnes étudiantes, mais aussi aux producteurs de la région, afin qu’ils puissent voir des exemples de bandes riveraines qui pourraient être aménagés chez eux », explique Mme Beaumont.
Un projet a alors été soumis au Pôle régional d’enseignement supérieur de l’Estrie (PRESE), qui lui a accordé un soutien financier de 60 000 $, permettant ainsi sa concrétisation en 2025.
Du 20 au 31 octobre 2025, l’idée est passée du papier à la réalité. En deux semaines seulement, les 800 arbres et arbustes ont été plantés par plus d’une soixantaine de personnes étudiantes et enseignantes des établissements partenaires, ainsi que par de nombreux collaborateurs de la région.
Le Cégep de Sherbrooke remercie chaleureusement les partenaires ayant contribué à la concrétisation de ce projet novateur : le CIAgricole, le PRESE, la MRC de Coaticook, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) ainsi que l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Estrie. Il tient également à souligner l’apport du Club agroenvironnemental de l’Estrie et d’Évoluvert, dont la collaboration a contribué au succès de l’initiative.
Source :
Léa-Maude Roy
Conseillère en communication
Téléphone : 819-564-6350, poste 4268
Cellulaire : 819 821-1381
lea-maude.roy@cegepsherbrooke.qc.ca
Information :
Hélène Beaumont
Agronome, enseignante et coordonnatrice du programme GTEA
helene.beaumont@cegepsherbrooke.qc.ca